samedi 7 novembre 2009

Fouiller dans les archives de LIFE

Un reportage d'une course dans le désert de Morave. Fin des années 50', je suppose.











vendredi 6 novembre 2009

Belle du jour





Elle est debout derrière une moto de police. Ca doit se passer en 1955, et cette photo me fait penser aux pin up du nose-art, cet usage qui consistait à dessiner de belles pépés sur le fuselage des avions de guerre.
Pas de guerre ici mais la même robe à pois, et le petit chien comme un renvoi freudien aux pulsions de notre animalité (sourires).

jeudi 5 novembre 2009

Danny LYON - photographe


Danny LYON

"Photographies tirées de son recueil Bikerriders édité en 1968, réédité en 1997 et en 2003.
Travaillant dans le style appelé "le Nouveau Journalisme" - c'est-à-dire en s'immergeant dans le milieu observé - Lyon a photographié le motard du Midwest de 1963 et 1967. Il est devenu un membre du Chicago Outlaw Motorcycle Club, a voyagé avec eux et a partagé leur style de vie. La série, décrite par Lyon comme "une tentative d'enregistrer et glorifier la vie de bikerider américain," a connu un énorme succès dans les années 1960 et les années 1970".

Signé OBERON, que je remercie ici pour m'avoir fait découvrir ce photographe.


PARTIR


Il y a des objets qui incitent à embarquer dans le premier train ou à charger sa moto pour aller voir ailleurs.
EBAY étant une super brocante, je me suis arrêté sur ce sac à costumes en cuir de couleur havane...

Scène de vie



On peut avoir une belle machine et des chaussettes jaunes.

mercredi 4 novembre 2009

CARNET DE VOYAGE


Il y a toujours un bon copain pour attraper la route et la glisser sous ta bécane, histoire d'aller voir ailleurs.

Death Wall




Petit, j’étais fasciné par les machines à laver.

Plus large qu’un trou de serrure, il y avait l’œil du cyclope qui faisait qu’on pouvait regarder dedans, pendant que le linge continuait à tourner, avec les GLONG des ferrures de salopettes contre le tambour en inox.

Je passais des heures à essayer de suivre des yeux les culottes et les serviettes de toilette, avec des séances pour la couleur et des séances en noir et blanc, celles que je préférais. Mais la mousse engluait tout ça dans un magma de textile et de cellulose et je n’y comprenais plus rien quand ça se mettait à aller vite.

En automne, c’était la grande Kermesse près du canal, avec ses odeurs et ses couleurs. On a tout écrit sur le son des manèges et le goût des barbes à papa… J’insiste pas.

Mais ce que je préférais, c’était le mur de la mort.

Ca me tuait le coup des motos-qui-collent-au-mur, et la magie opérait dès qu’on s’approchait de l’estrade des bonimenteurs. Des gus qui parlaient dans un micro entouré d’un chiffon, devant les machines qui allaient imiter un T-shirt sale dans un cylindre en bois.

J’en perdais pas une miette, attentif à la sonorité des mots qui évoquaient des endroits de records du monde, des noms de pays que je cherchais ensuite dans Tout l’Univers.

Suivait la présentation des pilotes, devant les machines qui sentaient l’huile et l’essence. Je restais un moment à tanner mes parents pour un tour dans le tambour qu’ils m’accordaient finalement, mon petit frère préférant les autos tampons.

L’architecture du lieu était simple, bâtie autour d’un cylindre construit en lattes de bois, assemblées sur une structure de métal. Une coursive tout en haut du cylindre, avec des gens qui regardaient le fond de la cuve où stationnaient les engins.

Je dépassais à peine mon nez de la balustrade. Mais j’en perdais pas une miette, attendant que l’espace se remplisse du bruit des moteurs, que dans un élan décisif le pilote dirige sa moto près de mon visage, sentir plus près la chaleur du moteur, l’odeur de la gomme des pneus.

Et puis tout ça se mettait à tourner dans un boucan du tonnerre de Dieu, et le plancher vertical vibrait à mesure qu’il avait à supporter le poids de l’engin, dans une « olla » magnifique et progressive.

La dramaturgie de la séance imposait une gradation dans la prise de risque.

C’était d’abord des tours classiques avec une moto ou un engin à quatre roues. Et puis le pilote écartait les bras et ça devenait grandiose ; alors il grimpait sur la selle de sa moto, et c’est debout sur la machine qu’il saluait le public.

Moi j’attendais qu’il redescende sur terre. J’avais hâte de savoir comment il allait s’y prendre pour arrêter sa moto. Une mécanique ascétique avec l’essentiel autour d’un moteur qui devait provenir d’une Indian, parce que je me souviens de la tête d’Indien sur le garde boue avant, quand il y en avait un.

Mais l’atterrissage ne posait jamais de problème. C’était comme si la pesanteur avait raison de l’énergie mécanique et finalement le pilote se révélait simple piéton tout en bas de la fosse, une fois descendu de sa moto rouge.

OUPS !


Une fascination pour ces motos choppérisées par ces sorciers de Japonais. Celle-ci n'est pas une réalisation de Shinya KIMURA. Mais j'aime le côté brut de décoffrage qui renvoie aux origines.

Belle du jour

mardi 3 novembre 2009

La 2 pattes


Elle avait trimbalé tout ce qui a traversé ma vie : de la planche à voile à l’hélicon du gros Pat, de la « mob » à Jeff aux sacs de terreau pour agrumes, tout ce qui avait compté et rythmé mon existence avait sali ou défoncé la banquette de cette 2CV Citroën modèle 1956.

Un cadeau du tonton Christian.

Un jour, il en avait eu marre de ses ailes enveloppantes et tordues, de sa bâche bleue qui ne fermait plus et des crises de nerf de ma tante qui avait accroché une nouvelle fois sa jupe à un de ses ressorts de banquette.

Il avait alors suspendu les clés bien en vue dans la cuisine de mon appart' avec un petit mot très sympa :

« T’as jamais su garder une nana plus de 2 mois. On verra ce que tu feras avec celle-là ».

"Celle-là", elle m’aura accompagné pendant plus de vingt ans. Comme un acné tenace et nostalgique, une concubine, tantôt charitable comme un bout de pain, tantôt inavouable comme une chaussure crottée.

Je le confesse, elle m’a fait honte quelquefois, quand il me fallait sortir une copine ou ramener chez lui un collègue, mais elle s'est installée dans ma vie et a grandi au milieu des gosses, confirmant à moi-même le sentiment d’appartenir à la génération d’avant la radio transistorisée et le lève-vitre électrique.

Elle demeurait comme un alibi de jeunesse au chaud dans le garage et tournait tous les jours. Une santé de pocharde, jamais un rhume, jamais une fuite d’huile et une compression de priapique.

Et puis il a fallu que je m’en sépare. Un caprice de retour d’âge pour une petite Italienne rouge et ardente qui me faisait de l’œil depuis le fond du garage de Paulo.

Un galbe de starlette, un klaxon deux tons, tout le contraire de ma Deuch herbivore, d'un style plutôt « congés payés » que "week-end à Rome".

J’ai remisé la Deuch dans le jardin du pavillon au milieu des chardons et des salades, et elle est restée à se tremper sous la pluie, comme quand on attend son amoureux sous un porche.

Indifférent à ses coulures de rouille et à ses caoutchoucs de portes entamés, je frimais dans mon Alfa, le bras sur la portière et la radio à fond. Une vanité pré-pubère, une vraie crise de la cinquantaine.

Un beau jour, lassé de la voir se déliter et pourrir lentement, je l’ai refilée à mon neveu, un ‘tit jeune de 20 berges amateur de vieilles bécanes et instable en amours.

Juste accroché les clés au-dessus d’un poster de moto sur lequel j'ai écrit :

« Fiston, t’as jamais pu garder une nana plus de 2 mois… ».

On the road again (suite)











lundi 2 novembre 2009

Y voir clair




« Jte préviens, Pete, t’auras bientôt plus la place.

- Tu penses, toi aussi, que ça fait trop. Regarde, au-dessus du feu, je peux encore en mettre un. »

Les deux hommes avaient reculé d’un pas pour mieux apprécier l’effet du dernier petit phare, et franchement, on n’y comprenait rien à ce délire d’accessoires.

« Je veux qu’on me remarque tu comprends. Et puis c’est ce qui plait aux filles ».

Pat avait alors levé les yeux au ciel, et maté une nouvelle fois l’engin entreposé dans la grange. On ne comptait plus le nombre de clignos et de boules chromées qui couvraient la surface de l’Electra. Incroyable.

Apercevant Pete exhibant une nouvelle pièce en métal, il avait alors définitivement pensé que Pete avait un problème sérieux avec lui-même et que tout ça avait à voir avec l’immonde paire de lunettes que sa mère l’obligeait à porter depuis la maternelle.

A court d’arguments, Pat avait alors avancé :

« Et où tu vas la faire asseoir, ta copine, t’as vu le délire, autour de la selle ? »

Mais Pete continuait à visser sa dernière breloque en rajustant ses lunettes de myope avec le bout de son index.

« J’avancerai sur le buddy et y’aura la place », il a répondu, tout en sachant au fond de lui-même qu’il n’y avait jamais eu et qu’il n’y aurait jamais l’ombre d’une fesse posée sur cette centrale électrique.

Alors Pat a posé sa main sur l’épaule de son frère et lui a simplement soufflé à l'oreille :

« Non, Pete, tu dévisses le garde-boue arrière là, c’est plus à droite, qu’il te faut visser ».

Portland, 20 mai 1956

On the road again
















Qui connait ce photographe ?