lundi 29 octobre 2012

L'unique modèle


L'air respirait l'humus d'automne et la moto filait toute seule en glissant sur les ombres des frênes. J'avais boutonné mon blouson jusqu'en haut et laissé mon casque pendu dans l'entrée de la maison. 
J'avais envie du soleil d'octobre sur ma peau, et je happais la fraîcheur des menthes en passant devant l'église et ses bancs de granit noirs.
J'appréhendais les frimas qui allaient condamner la bécane à la solitude du froid pendant un bout de temps.
Faudra que je dégonfle les pneus et que je mette le cadre sur des cales, faudra que j'imprime les photos qu'on a fait de moi pour traverser la période creuse et attendre le dégel en me repassant l'album.

Y a t il quelque part quelqu'un qui m'attend ? Se peut il que j'existe ailleurs, comme un double inconnu qui aurait mon allure ? Ou suis je l'unique modèle à rouler seul sur cette route qui file vers la ville. 

vendredi 19 octobre 2012

jeudi 18 octobre 2012

lundi 15 octobre 2012

samedi 13 octobre 2012

Anne et sa moto



Il a fallu une simple piqûre d’insecte, un après-midi d’été, du côté de MONTAUBAN, pour que l’idée de passer le permis moto vienne à l’esprit de Anne.
Passagère de la BONNEVILLE de son chéri, c’est quand il a fallu s’arrêter sur le bord de la route pour attendre que le venin se dilue dans la paupière de Serge que Anne a compris sa dépendance à l’autre, et, bloquée malgré elle, elle n’a plus souhaité ne dépendre que d’elle-même.

Alors le permis moto rapidement en poche à force de volonté et de cours particuliers sur les parkings des supermarchés.
Alors la BONNEVILLE Mécatwin pour une envie de style et de son.
Alors l’envie de rouler avec d’autres amateurs d’anglaises pour goûter au plaisir de partager ces moments rares qui vous projettent dans l’espace comme dans un livre à écrire.
Le début de l’histoire.



C’est vrai que la moto lui va bien, à Anne. Dans tout ce noir et ce métal, il ne faut qu’un sourire pour avoir envie de la suivre dans les virolos où elle aime balancer sa bécane à droite et à gauche.
« J’aime piloter » elle dit, et on comprend qu’elle aime l’enroulage de cable, les trépidations du vertical twin et le « coup de pied au cul » d’une machine anglaise authentique et rare qui colle au bitume.

La période « british » a duré le temps d’une mutation pour la Polynésie française. Là-bas, c’est le domaine de la moto japonaise et américaine.

Son choix s’est porté sur une espèce de bobber dépouillé, une 48 Sportster de 1200 cc, et elle a choisi là encore la couleur noire qui va bien à la couleur blonde de ses cheveux. Le Club Harley Riders de Tahiti l’a accueillie bras ouverts (on peut les comprendre) et la voilà au milieu de motards polynésiens enfourchant leurs Fat boy et Fat bob avec le flegme des îliens refaisant inlassablement le tour de l’île sur l’unique route de ceinture.

Mais pour Anne, l’important c’est de rouler. Elle oublie les soucis, elle laisse se balader ses pensées comme des papillons fragiles au gré des paysages somptueux des îles. Elle parle à tout le monde et capture la lumière dans les photos qu’elle prend à tous moments.

Une autre fois elle voudra « faire la route 66 » et vivre le rêve américain. Pas de problème.
Une Softail neuve de location va la conduire de CHICAGO à LOS ANGELES  en 19 jours. Il faut pouvoir la suivre sur la route pour comprendre sa détermination à tracer sa ligne. Anne est indépendante, Anne est vive comme une étincelle de bougie et démarre au quart de tour.

Sortez du cadre, ou souriez pour la photo.